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Cinq chiffres du marché de la formation, et ce que disent leurs sources

Nous avons cherché l'origine de cinq statistiques répétées partout dans le secteur de la formation. Voici ce que nous avons trouvé, et ce qui existe vraiment.

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Nous avons cherché l'émetteur d'origine de cinq statistiques omniprésentes dans le discours du secteur de la formation. Aucune des cinq ne se publie en l'état. Deux d'entre elles reposent pourtant sur une étude réelle, et c'est le résultat le plus instructif de cette recherche : elles n'ont pas été inventées, elles ont été déformées en chemin. Une troisième mène hors d'Europe et hors de son sujet, et les deux dernières ne mènent nulle part.

Reprise du meme "this car can fit meme" avec un commercial représentant le marché du LMS et de la formation en général présentant ses chiffres douteux à Magistrae qui se questionne. Le texte : "car salesman: *slaps roof of car* this bad boy can fit so much fake numbers in it"

Les voici, dans l'ordre où l'article les traite.

Le chiffre Verdict
« La durée de vie moyenne d'une compétence est de 2,5 ans » trace hors d'Europe, et sur les seules compétences informatiques
« 50 % des effectifs mondiaux sont à reskiller d'ici deux ans » hors périmètre, émetteur non européen et mesure mondiale
« 84 % des décideurs exigent une souveraineté totale de leurs données » un chiffre de 84 % existe, et il dit autre chose
« 57 % des entreprises internalisent leur production de formation » vrai chiffre, mauvaise unité, et douze ans de retard
« 75 % de la formation en ligne se fait sur mobile » aucune trace, et une préférence prise pour un usage

Ce n'est pas un exercice de posture. Un argument bâti sur une statistique invérifiable tombe le jour où votre interlocuteur demande la source, et il emporte le reste de la démonstration avec lui.

La croyance à démonter

Un chiffre répété partout finit par sembler vérifié. La répétition n'est pourtant pas une méthode de validation : elle propage aussi bien une mesure sérieuse qu'une estimation lancée dans une conférence, puis recopiée de citation en citation jusqu'à ce que l'émetteur d'origine soit devenu introuvable.

Le secteur de la formation y est particulièrement exposé. Ses sujets sont difficiles à mesurer, ses notions sont mal définies, et personne n'a intérêt à vérifier un chiffre qui arrange tout le monde.

Notre protocole, en quatre questions

Avant de publier une statistique, nous lui posons quatre questions. Elles ne demandent aucune expertise particulière, seulement de la constance.

  1. Qui l'a mesurée ? Pas qui la cite. L'article qui reprend une étude n'est pas la source, l'étude l'est.
  2. Sur quel périmètre ? Quel pays, quelle population, quelle taille d'échantillon, quelle année.
  3. Quelle était la question exacte ? Une notion floue dans le questionnaire produit un chiffre flou dans le résultat, quelle que soit la décimale affichée.
  4. L'émetteur relève-t-il de notre charte de sources ? Nous n'utilisons que des sources européennes et françaises. Un chiffre exact mesuré sur une autre population ne se transpose pas ici.

Une statistique qui échoue à l'une de ces quatre questions ne se publie pas. Aucun des cinq chiffres qui suivent ne les franchit toutes, et deux d'entre eux échouent sur la troisième alors qu'ils passaient la première : leur émetteur existe, ce n'est pas ce qu'il a écrit qui circule.

« La durée de vie moyenne d'une compétence est de 2,5 ans »

Le chiffre le plus utilisé du secteur, et celui qui sert à justifier le plus d'achats.

Cedefop, l'agence européenne pour le développement de la formation professionnelle, est l'organisme dont c'est précisément le mandat. Elle travaille sur l'obsolescence des compétences et publie pour cela le Skills Forecast et l'European skills and jobs survey, dont la deuxième vague a été conduite en 2021 dans tous les États membres. Aucune de ces publications ne produit une durée de vie moyenne d'une compétence exprimée en années.

La raison tient à la notion elle-même. « Durée de vie d'une compétence » n'a pas de définition normalisée : selon que la mesure porte sur l'obsolescence technique déclarée, sur la fréquence des reconversions ou sur la demi-vie des compétences numériques, les ordres de grandeur vont de deux à dix ans. Un chiffre unique, rond, sans définition ni périmètre, est un signal de recopiage, pas de mesure.

Nous avons donc suivi la trace dans l'autre sens, celui des citations. Elle sort du périmètre à deux reprises. Les reprises francophones renvoient d'abord à un cabinet d'études nord-américain spécialisé dans l'informatique, dont l'affirmation porte sur l'obsolescence des compétences fonctionnelles en informatique, et non sur les compétences en général : le chiffre est hors de notre charte au même titre qu'un institut américain, et il est employé hors de son sujet. Elle renvoie ensuite à une comparaison très répandue, deux ans aujourd'hui contre trente ans en 1987, attribuée à l'OCDE sans qu'aucune reprise n'indique la publication d'origine. Aucun document primaire n'est atteint dans un cas comme dans l'autre.

Verdict : aucune source primaire atteinte, et une trace qui change de sujet en route. Ce qui est vrai, et démontrable sans statistique, c'est que les outils de travail changent plus vite qu'avant, ce qui déplace la question de la durée d'une compétence vers celle de la fréquence de mise à jour d'une formation.

« 50 % des effectifs mondiaux sont à reskiller d'ici deux ans »

Celui-ci a une origine probable, et c'est ce qui le rend intéressant. La formulation renvoie selon toute vraisemblance à un rapport d'un forum économique international, régulièrement repris sous cette forme abrégée.

Deux problèmes, indépendants l'un de l'autre. L'émetteur n'est pas européen, ce qui l'exclut de notre charte de sources, quelle que soit la qualité du rapport. Et surtout, un chiffre mondial ne dit rien du marché français : il agrège des économies dont la structure d'emploi n'a aucun rapport avec la nôtre, ce qui le rend inutilisable pour dimensionner un plan de développement des compétences en France.

Verdict : hors périmètre, deux fois. L'utiliser affaiblirait précisément l'argument qu'il est censé soutenir.

« 84 % des décideurs exigent une souveraineté totale de leurs données »

Celui-ci est le plus intéressant des cinq, parce qu'un chiffre de 84 % existe réellement, et qu'il ne dit pas cela.

Le document le plus proche que nous ayons retrouvé est une étude publiée en 2026 par Infopro Digital, commanditée par l'éditeur efficy et L'Argus de l'assurance, menée auprès de 412 professionnels du 23 mars au 10 avril 2026. Sa formulation exacte est : « 84 % des organisations intègrent l'autonomie numérique dans leurs appels d'offres. »

Comparez avec ce qui circule. L'étude parle d'organisations, la reprise parle de décideurs. L'étude parle d'intégrer un critère dans un appel d'offres, parmi d'autres, la reprise parle d'exiger. L'étude parle d'autonomie numérique, la reprise parle de souveraineté totale des données. Trois déplacements, et une observation de marché devient une exigence absolue.

Nous n'affirmons pas pour autant que cette étude soit l'origine du chiffre entendu : la coïncidence du nombre et du thème est forte, la formulation ne l'est pas, et affirmer une filiation sur cette base serait commettre exactement la faute que cet article examine.

Reste que « souveraineté totale » n'est pas une notion mesurable telle quelle. Exiger que les serveurs soient en France, que l'éditeur soit de droit français, ou qu'aucun sous-traitant ne soit extra-européen sont trois exigences très différentes, et la troisième est bien plus rare que la première. Sans le libellé de la question posée, aucun pourcentage ne tranche entre elles.

Verdict : un chiffre voisin existe, dans une autre formulation ; celle qui circule ne se publie pas. C'est sans conséquence sur notre argumentaire : la question de la souveraineté se démontre par le droit, pas par un sondage. Le CLOUD Act existe, l'article 48 du RGPD existe, la position de la CNIL est publiée, et nous exposons tout cela dans notre guide du LMS souverain.

« 57 % des entreprises internalisent leur production de formation »

Ce chiffre nous concerne directement, puisqu'il décrit le marché de Magistrae LMS. Raison de plus pour le vérifier avant de s'en servir, et il ne survit pas à la vérification.

Il vient du Baromètre du digital learning de l'ISTF, un institut de formation français qui le publie chaque année depuis 2014. Deux erreurs s'y sont accumulées.

L'unité n'est pas la bonne. Le baromètre mesure la part des projets et des contenus de digital learning produits en interne, pas la part des entreprises qui internalisent. Une entreprise qui produit un module sur dix en interne pèse dans les deux mesures, et pas du tout de la même façon.

Le millésime a douze ans. Le 57 % correspond à l'édition 2014, la première, dans une série qui n'a cessé de monter depuis. La douzième édition, publiée le 18 mars 2026 sur près de 500 réponses, annonce que les trois quarts des projets de digital learning sont internalisés, « souvent pour maîtriser les coûts ». Le chiffre qui circule est donc à la fois mal formulé et périmé, alors que le chiffre à jour dit plus fort ce que sa version déformée voulait dire.

Deux réserves, que nous énonçons parce qu'elles s'appliqueraient à n'importe quel baromètre du même type. Son émetteur est un institut de formation privé, qui interroge son propre public : l'échantillon est auto-sélectionné et ne prétend pas représenter le marché français. Et nous n'avons pas lu le document complet, disponible seulement après remplissage d'un formulaire, si bien que la série année par année ne nous est connue que par des reprises. Nous citons donc ce baromètre, nous ne l'adoptons pas.

Du côté public, l'enquête de référence est le Continuing Vocational Training Survey d'Eurostat. Elle est solide et méthodologiquement documentée, mais elle mesure quelles entreprises dispensent de la formation, pas lesquelles la produisent en interne. Les deux notions se ressemblent assez pour qu'un raccourci soit tentant, et elles ne disent pas la même chose : acheter un catalogue puis le diffuser à ses salariés, c'est dispenser de la formation sans en produire.

Verdict : le 57 % ne se publie pas, et le chiffre à jour ne vient pas d'une source publique. L'argument tient sans eux, par le mécanisme : entre le moment où un besoin de formation apparaît dans une entreprise et le moment où un prestataire externe livre le module correspondant, il s'écoule des semaines. C'est ce délai qui pousse à internaliser, et il se constate sans pourcentage.

« 75 % de la formation en ligne se fait sur mobile »

Celui-là contredit l'usage observable. En formation professionnelle, une part importante des apprenants suit ses modules sur le poste de travail fourni par l'employeur, souvent pendant le temps de travail.

C'est aussi le seul des cinq dont la recherche ne ramène rien du tout : les reprises renvoient à « une étude » de 2023, jamais nommée. Et la formulation glisse au passage, puisque la version la plus répandue dit que 75 % des apprenants préfèrent leur smartphone. Préférer et faire ne sont pas la même mesure, et un sondage de préférence ne dit rien de ce qui se passe réellement dans les parcours.

Le chiffre provient probablement d'un autre contexte : apprentissage grand public, marchés où le téléphone est le premier accès à Internet, ou tous usages d'apprentissage confondus. Il souffre en plus d'une ambiguïté classique, celle qui consiste à confondre part du trafic et part des parcours terminés. L'écart entre les deux est important, et il va toujours dans le même sens.

Verdict : aucune trace, et une préférence prise pour un usage. L'exigence d'une interface utilisable sur mobile n'a de toute façon pas besoin de statistique : elle se vérifie en ouvrant la plateforme sur un téléphone, ce qui est plus convaincant qu'un pourcentage.

Une chaîne de citation, prise sur le fait

Ces cinq recherches ont produit un résultat qui n'était pas prévu, et qui vaut mieux que les cinq verdicts : nous avons vu une chaîne de citation se former, sur notre propre sujet, avec des chiffres qui nous arrangeraient.

En cherchant l'origine du 84 %, nous sommes tombés sur le communiqué du baromètre de la souveraineté numérique publié le 9 septembre 2025 par Hexatrust, le groupement des entreprises françaises du cloud de confiance et de la cybersécurité, avec EY France. Il porte deux chiffres qui serviraient notre argumentaire mieux que tout ce que nous publions.

Le premier. Le communiqué écrit qu'« une étude récente du Cigref estimait que 80 % des dépenses européennes en logiciels et services cloud professionnels, soit 265 milliards d'euros, bénéficient aux acteurs américains ». Le Cigref est une association française de grandes entreprises et d'administrations, c'est-à-dire des acheteurs et non des vendeurs : l'émetteur est sérieux et son intérêt ne va pas dans le sens du résultat. Mais nous lisons un communiqué qui cite une étude, sans son titre, sans sa date, sans son périmètre. Dépenses annuelles ou cumulées ? Logiciels seuls ou cloud compris ? Quelle définition de « bénéficient » ? Nous n'avons pas atteint la publication d'origine, donc nous n'employons pas le chiffre, alors qu'il est probablement juste et qu'il comble exactement le trou de notre démonstration : nous prouvons la dépendance juridique, jamais la dépendance économique.

Le second. Le même baromètre établit qu'« une organisation sur deux a déjà écarté une solution IT pour des raisons de souveraineté », sur un échantillon de 96 directeurs des systèmes d'information et responsables de la sécurité. C'est le chiffre le plus vendeur que nous ayons croisé cette année. Il est aussi produit par un groupement dont les membres vendent des solutions souveraines, et il mesure l'appétence pour ce qu'ils vendent. Rien de répréhensible : une association professionnelle publie une enquête sur son marché, c'est son rôle. Mais nous en servir pour établir la demande de souveraineté reviendrait à démontrer une conclusion par un émetteur qui la présuppose, sur 96 réponses.

Voilà comment se construit une rhétorique, et le mécanisme n'a besoin de personne de malhonnête. Une association publie une enquête en énonçant sa méthode. Un communiqué en retient les chiffres saillants. Un article de presse spécialisée reprend le communiqué. Un fournisseur reprend l'article dans sa plaquette, sans l'échantillon. Un appel d'offres reprend la plaquette, sans l'émetteur. À l'arrivée, « une organisation sur deux » est devenu un fait de marché, et plus personne ne sait qu'il repose sur 96 réponses recueillies par une partie intéressée.

Nous publions ce constat pour deux raisons. Parce qu'un chiffre qu'on ne peut pas valider reste instructif : il ne dit rien du marché, il dit beaucoup de la façon dont le marché parle. Et parce que nous sommes exposés à la tentation comme les autres, ces deux chiffres allant précisément dans notre sens. Cette section existe pour que vous puissiez nous surveiller sur ce point.

Les chiffres qui existent vraiment

Le tableau n'est pas vide, il est seulement moins spectaculaire. Voici trois chiffres publics, datés, méthodologiquement documentés, et vérifiables en une minute.

Chiffre Émetteur Année
67,4 % des entreprises de l'Union de 10 salariés ou plus dispensent de la formation professionnelle continue Eurostat, enquête CVTS 2020
34 % des personnes de 16 à 74 ans en France manquent de compétences numériques Insee, enquête TIC-ménages 2025
60 % des 16-74 ans de l'Union ont au moins des compétences numériques de base, pour une cible de 80 % en 2030 Eurostat, Digital Skills Indicator 2025

Chacun se cite avec ses limites, et ces limites font partie de l'information.

L'enquête CVTS est quinquennale : son année de référence est 2020 et sa prochaine édition est attendue en 2027. Le marché pilote donc ses décisions avec des données antérieures à la diffusion de l'IA générative. Ce n'est pas un reproche à Eurostat, dont la périodicité est assumée et publique ; c'est un constat sur l'état de la connaissance disponible, et une raison de plus de se méfier des chiffres ronds qui prétendent décrire l'année en cours. La même enquête donne d'ailleurs un ordre de grandeur utile sur le coût : en France, le coût horaire de la formation atteignait 91 euros, et le coût par participant 1 920 standards de pouvoir d'achat contre 1 441 en moyenne européenne.

L'Insee Focus n° 376, publié le 19 février 2026 sous la signature de Valentin Guilloton, mesure les compétences numériques de la population résidant en France à partir de l'enquête TIC-ménages 2025. Il établit que 34 % des personnes de 16 à 74 ans manquent de compétences numériques, dont 7 % en situation d'illectronisme et 27 % à compétences faibles, contre 38 % au total en 2021. Il contient au passage le chiffre qui déjoue le préjugé le plus répandu sur le sujet : 19 % des 16 à 29 ans ont des compétences numériques faibles. Le besoin de formation ne se concentre pas sur les seniors.

Enfin, Eurostat établit, sur des données extraites en janvier 2026, que 60 % des Européens de 16 à 74 ans disposent au moins de compétences numériques de base, quand le programme d'action pour la décennie numérique fixe une cible de 80 % à l'horizon 2030. Vingt points manquent, et il reste quatre ans. Cet écart-là est documenté, il vaut mieux qu'un chiffre d'urgence inventé.

Vérifier un chiffre en trois minutes

La méthode n'a rien de savant, elle est seulement pénible, ce qui explique qu'elle soit si peu appliquée.

  1. Remontez d'un cran à chaque fois : l'article cite un article, qui cite une étude. Continuez jusqu'à trouver un document daté, signé, avec une méthodologie. Si la chaîne boucle sans jamais y arriver, le chiffre n'a pas de source.
  2. Cherchez la formulation exacte de la question posée, pas seulement le résultat.
  3. Vérifiez l'année de référence, qui n'est presque jamais l'année de publication.
  4. Vérifiez le périmètre géographique. Un chiffre mondial ne décrit pas votre marché.
  5. Demandez-vous si la notion mesurée a une définition. Si la réponse est non, la décimale est décorative.

Appliquée à un appel d'offres, cette méthode a un effet secondaire utile : elle vous dit beaucoup sur le sérieux d'un fournisseur, indépendamment du chiffre.

Le point 1 mérite d'être tenu jusqu'au bout, et c'est le plus pénible. Deux des cinq chiffres examinés ici avaient d'abord été classés introuvables : ils ne l'étaient pas, la chaîne de citations menait bien quelque part, à condition de la remonter une fois de plus. C'est la différence entre un chiffre sans source et un chiffre dont personne n'a pris la peine de chercher la source.

Ce que nous en faisons

Nous nous imposons une règle simple, et elle a un coût que nous acceptons : aucun chiffre ne paraît sur ce site sans que sa source soit citée dans le texte, avec son émetteur et sa date. Quand nous ne trouvons pas de source, nous l'écrivons plutôt que de combler le vide.

Cette règle nous prive d'arguments confortables. Elle nous évite surtout d'avoir à défendre, devant un responsable qualité, un pourcentage que nous serions incapables d'attribuer. Le même principe gouverne notre façon d'afficher les prix, dans notre manifeste pour un e-learning sans frais cachés, et notre façon de parler de l'IA, dans former ses équipes à l'IA sans raconter n'importe quoi.

Questions fréquentes

Ces chiffres sont-ils faux pour autant ? Non, et c'est une distinction importante. Deux d'entre eux dérivent d'une mesure réelle, déformée en circulant ; les trois autres restent invérifiables. Un chiffre déformé se corrige en remontant à sa source, un chiffre invérifiable ne se discute même pas.

Deux de ces chiffres ont une origine : pourquoi ne pas les employer ? Parce que ce qui circule n'est pas ce que l'émetteur a écrit. Une fois corrigés, ces chiffres disent autre chose et supposent d'énoncer leurs limites : un baromètre d'institut privé sur un échantillon auto-sélectionné, une étude commanditée par un éditeur de logiciel. Nous les citons en nommant leur émetteur, nous ne les reprenons pas à notre compte.

Pourquoi refuser une étude non européenne si elle est de bonne qualité ? Parce que la qualité méthodologique ne rend pas une mesure transposable. Une enquête menée sur des entreprises américaines décrit un marché du travail, un droit et des pratiques de formation qui ne sont pas les nôtres. Nous préférons un chiffre européen moins spectaculaire.

Où trouver des statistiques fiables sur la formation en France ? Eurostat pour le comparatif européen, l'Insee et la Dares pour la France, France Compétences pour le financement, Cedefop pour les compétences au niveau européen. Toutes ces sources sont publiques, gratuites et datées.

Comment savoir si un fournisseur invente ses chiffres ? Demandez-lui l'émetteur et l'année, par écrit. Une réponse honnête tient en une ligne et contient un lien. Une réponse qui renvoie vers « une étude de marché » sans nommer personne est déjà une réponse.

Pourquoi ne publiez-vous pas vos propres chiffres d'usage ? Parce que Magistrae est une plateforme neuve et que nos volumes ne sont pas encore significatifs. Publier des pourcentages calculés sur un petit nombre d'apprenants reviendrait à faire exactement ce que cet article reproche au reste du marché.


Sources

Documents retrouvés en cours de recherche, cités pour ce qu'ils disent exactement et non repris comme mesures de référence.

  • ISTF, Les chiffres clés du digital learning, 12e édition, publiée le 18 mars 2026, près de 500 réponses.
  • Infopro Digital, étude sur la souveraineté numérique commanditée par efficy et L'Argus de l'assurance, 412 professionnels interrogés du 23 mars au 10 avril 2026.
  • Hexatrust et EY France, communiqué du baromètre de la souveraineté numérique, 9 septembre 2025, 96 DSI et RSSI interrogés. Le baromètre lui-même n'a pas été consulté.
  • Estimation attribuée au Cigref par ce communiqué, 80 % des dépenses européennes en logiciels et services cloud professionnels et 265 milliards d'euros captés par des acteurs américains. Publication primaire non atteinte, chiffre non employé.